LES RISQUES DE LA CHIRURGIE DU PIED

Toutes chirurgies du pied doivent être parfaitement justifiées par l’échec des soins de pédicurie ou des traitements médicaux  préalables. Il faut également réaliser un bilan pré-opératoire qui ne met pas en évidence de pathologie pouvant contre-indiquer de façon temporaire ou définitive un acte chirurgical quelconque.

Comme dans tous traitements médicaux, le rapport bénéfice/risque doit être bien entendu favorable. L’existence de risques majeurs peut être une contre-indication formelle si on les compare à un bénéfice aléatoire.

Le bilan pré-opératoire permet ainsi d’éliminer les patients porteurs de pathologie grave,  cardio-vasculaire, neurologique ou cutanée. L’existence d’infection de la peau est une contre-indication provisoire ou définitive.

 

bandage

bandage

chaussure post-opératoire

chaussure post-opératoire

 

Les différentes techniques opératoires utilisées en chirurgie du pied tendent à permettre une reprise rapide  de la marche, avec ou sans appui selon les impératifs.

Le bandage post-opératoire joue également un rôle de contention majeur.

Cependant des complications imprévisibles peuvent apparaître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi les complications classiques, on identifie les thromboses veineuses ou phlébites.

Il peut s’agir d’une simple thrombose d’une veine périphérique pouvant s’aggraver et pouvant remonter dans les gros troncs veineux pouvant déclencher des complications ultimes avec une embolie pulmonaire et migration d’un caillot dans le système circulatoire cardio-pulmonaire. Ces embolies pulmonaires méconnues peuvent entraîner la mort. Il est assez fréquent de prévenir ces complications par l’utilisation de traitement anti-coagulant dans la période post opératoires de la chirurgie du pied. La reprise rapide de la marche avec appui permet de limiter ces risques de phlébite post-opératoire. C’est rappeler l’intérêt de la technique mini-invasive qui permet de limiter les risques post opératoires par la reprise plus rapide de la marche que la technique conventionnelle.

Les risques infectieux font également partie de la panoplie habituelle que l’on tente d’éliminer au maximum par les méthodes dites mini-invasives. L’équipement des blocs opératoires limite également ce risque.

On connaît cependant la majoration des risques infectieux post-opératoires chez des patients porteurs par exemple d’un diabète surtout  insulino-dépendant. Tous les traitements médicaux diminuant la défense anti-infectieuse (traitement imuno-suppresseur) sont également des facteurs de risques infectieux post-opératoires. Enfin l’état vasculaire distal c’est à dire l’état des artérioles au niveau de la jambe, de la cheville, du pied et des orteils sont à prendre en compte. Le risque de non cicatrisation par défaut de vascularisation artérielle peut entrainer une surinfection locale pouvant aller jusqu’au stade de l’ostéïte c’est à dire infection osseuse. Le stade ultime est la gangrène dans le cadre de la vascularisation des orteils très déficiente. Dans ce cas de figure, il faut savoir renoncer au traitement chirurgical pour ne pas s’exposer à ce type de complication gravissime.

Une absence de consolidation osseuse  à l’endroit où a eu lieu la correction osseuse peut également être observée (pseudarthrose). Ce défaut de soudure osseuse peut aussi se voir à l’occasion de fractures traumatiques  banales opérées ou non. Le diagnostic ne peut être certain qu’à partir de 06 mois en moyenne. Avant ce terme, il peut ne s’agir que d’un retard de consolidation. En l’absence de non consolidation avérée, la reprise chirurgicale ne s’impose que si des douleurs le justifient. L’aspect radiographique n’est pas un argument formel.

L’algodystrophie est une réaction inflammatoire totalement imprévisible et un peu particulière. Elle n’est pas nécessairement liée à l’acte chirurgical, car on peut l’observer aussi dans le cas de fracture traumatique banale non opérée telle une fracture du poignet, de cheville, du pied. Apparaissant dans un délai post-opératoire variable, l’alerte est donnée par l’apparition de douleurs vives, associées à un oedème du pied, des changement de couleurs de la peau avec hypersudation. La radiographie montre  une déminéralisation temporaire. L’évolution de ce syndrome est souvent lente, entre 06 et 12 mois en moyenne, mais conduisant spontanément à la guérison. La mise en route d’un traitement médical tente de raccourcir ce délai. Enfin, une rééducation prolongée des articulations voisines essaye de limiter la perte de mobilité articulaire fréquemment observée.

 

 

 

adminLES RISQUES DE LA CHIRURGIE DU PIED

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.